06/03/2013 : « La médecine cellulaire permet une nouvelle compréhension de l’origine des maladies » Professeur Hafida MERZOUK sur le midi-libre du 06/03/2013.
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Séminaire de la SANMO le 22 et 23 mars
De nouvelles approches thérapeutiques seront présentées
6 Mars 2013
Le prochain séminaire de la Société algérienne de nutrition et de médecine ortomoleculaire se tiendra le 22 et 23 mars à l’EGTC El-Hamma à Alger, à cette occasion seront présents quatre éminents professeurs en médecine, à savoirle Pr Jorg Birkmayer, le Pr Hafida Marzouk, le Pr Patrick Curmi et le Pr Chafika Mehdid. Nous avons interviewé les deux premiers, écoutons-les...


« La médecine cellulaire permet une nouvelle compréhension de l’origine des maladies »
Professeur Hafida MERZOUK*, au Midi Libre


Midi Libre : Professeur Merzouk, vous allez participer au séminaire de la Samno pour la troisième fois, quels seront les thèmes que vous allez aborder à cette occasion ?
Pr Hafida Merzouk : Mon intervention aura trait surtout à la médecine cellulaire ; mais avant je parlerai de la balance énergétique, des vitamines, du coenzyme Q10, des compléments alimentaires, du stress oxydatif. Cette succession de cours / conférences est faite dans une logique d’information et d’éducation aboutissant à un message simple : Un apport quotidien optimal en
substances cellulaires essentielles (micronutriments) est la clé de la réussite d’une action préventive et thérapeutique de nombreuses pathologies. Une multitude d’études scientifiques relatives aux bienfaits thérapeutiques des micronutriments démontre de manière plus que suffisante que l’on peut rester en bonne santé grâce à des moyens tout à fait naturels. Les recherches portant sur les micronutriments ont permis de faire des découvertes dont bénéficient déjà aujourd’hui de nombreuses personnes à travers le monde entier. Chaque avancée faite par la recherche dans ce domaine nous rapproche du fait qu’il va être possible à tout le monde d’être en bonne santé.
Selon le Docteur Ilyes Baghli, Président
de la SANMO, vous venez de confirmer une découverte scientifique au niveau de votre laboratoire, sur la prévention cellulaire par les micronutriments, pouvez-vous nous dire plus ?
Non je ne suis pas l’auteur mais seulement l’informatrice et l’éducatrice ; en fait, le docteur Rath, médecin et scientifique allemand, a mis le point sur l’utilisation des micronutriments dans le traitement de plusieurs pathologies. Au sein de mon laboratoire, nous testons ses théories chez l’animal et sur quelques volontaires, on réalise aussi des cultures cellulaires. Les effets sont très intéressants et permettent d’affirmer que la médecine cellulaire ouvre une nouvelle ère en matière de médecine. La médecine cellulaire permet une nouvelle compréhension de l’origine des maladies chroniques qui réside dans le dysfonctionnement des cellules de l’organisme. Cette déficience est due à une carence chronique en vitamines, minéraux et autres substances cellulaires essentielles (acides aminés, acides gras essentiels…). Ainsi, une carence chronique en ces nutriments conduit à un dysfonctionnement des cellules, ce qui génère des
maladies chroniques.

Qu’est-ce que les radicaux libres, comment et où sont-ils synthétisés ?
Les radicaux libres sont essentiellement des particules réactives issues du métabolisme de certaines molécules, ou de la conversion de l’oxygène en énergie. Ce sont des molécules instables, formés normalement dans l’organisme lors des réactions notamment d’oxydation. Il existe plusieurs types radicaux libres (oxygène singulet, radical superoxyde, anion peroxyde, radical hydroxyle). Ces radicaux libres en faibles quantités sont éliminés par notre système de défense antioxydante. Mais en grande quantité, ils réagissent et dégradent l’ADN, les lipides, les protéines. Ils sont augmentés par certaines situations: stress, tabac, alcoolisme, surpoids, exercice physique mal géré, inflammation, etc.

Sont-ils dangereux pour la santé ?
Oui, lorsqu’ils sont produits en grande quantité. Le paradoxe de ceci est qu’à faible dose ce sont des molécules nécessaires jouant un rôle important dans la signalisation cellulaire et le développement. Mais à fortes doses, ils se fixent sur les molécules biologiques et les altèrent provoquant des pathologies. De nombreuses affections humaines incluent donc un stress oxydant, local ou général. Dans plusieurs maladies graves, notamment celles liées au vieillissement, le stress oxydant est le facteur déclenchant originel. C’est le cas des cancers, des
pathologies oculaires (cataracte et dégénérescence maculaire), des maladies neurodégénératives (ataxies, sclérose latérale, maladie d’Alzheimer). Dans de nombreuses autres maladies, le stress oxydant est
secondaire à l’établissement de la pathologie, mais participe à ses complications immunitaires ou vasculaires. C’est le cas de maladies infectieuses comme le sida ou le choc septique, le diabète, la maladie de Parkinson ou l’insuffisance rénale. Ce qu’il faut surtout savoir c’est que le stress oxydatif est un remarquable indicateur du réel état de santé.
Autrement dit, qu’il pointait en quelque sorte un état intermédiaire, où la personne ne présentant pourtant pas encore de maladie avérée, n’est plus tout à fait en bonne santé, en quelque sorte un "état de rupture plus ou moins passager de l’état de santé". Cette période liée à un stress, à des contraintes nouvelles ou anormales, à un déséquilibre momentané entre agressions et défenses, expose l’individu à une agression oxydative importante, synonyme à terme de maladies, et quoiqu’il en soit d’un vieillissement accéléré.

Quand faut-il faire un bilan ?
Situations imposant de pratiquer un bilan de stress oxydatif :
- l’existence d’une maladie chronique
-la prise de conscience de la nécessité de prévenir les maladies, en particulier dégénératives,
-après un événement difficile ou une période particulièrement stressante, chez les sportifs en particulier sportifs de haut niveau.
Faut-il faire un bilan régulièrement ?
Non, il n’y a pas de raison de multiplier les bilans de stress oxydatif. En revanche, il est conseillé de faire un bilan de contrôle 4 à 5 mois après le premier bilan si celui-ci est anormal, afin de vérifier la pertinence de la prise en charge qui aura été adoptée.
En dehors de toute maladie évolutive, un bilan de suivi est suffisant tous les ans, voire tous les 2 ou 3 ans

Qu’est-ce que les antioxydants, ou sont-ils synthétisés et comment agissent-ils dans l’élimination des radicaux libres ?
Les antioxydants constituent un réseau de molécules variées (enzymes, protéines, oligo éléments) qui réagissent entre elles, sont produites par l’organisme, mais aussi apportées par notre alimentation. Aujourd’hui, le grand public sait que les antioxydants peuvent être une solution miracle pour traiter et prévenir les maladies les plus graves, et bien vieillir. Ces systèmes de défense sont composés d’antioxydants (vitamines A, C et E), d’oligo-éléments et de protéines qui empêcheront le fer de déclencher une production d’EOA. Des enzymes protéolytiques dont le rôle consiste à dégrader les substrats oxydés, complètent cette panoplie.
Les systèmes de défenses se composent de :
- d’enzymes (superoxydes dismutases, catalase, glutathion peroxydases, couple thiorédoxine - thiorédoxine réductase, hème oxygénase, heat shock protéines),
- de protéines transporteuses du fer et du cuivre (transferrine, ferritine, céruléoplasmine),
- de molécules antioxydantes de petite taille (glutathion, acide urique, bilirubine, glucose, vitamines A, C, E, ubiquinone, caroténoïdes, flavonoïdes),
- d’oligo-éléments (cuivre, zinc, sélénium).
-le glutathion, le coenzyme Q10.
Leurs actions sont multiples, mais en général ils captent les radicaux libres et les neutralisent et / ou ils permettent la régénération des molécules antioxydantes (exemple simple la vitamine C permet la régénération de la vitamine E).
Entretien réalisé par Ourida Aït Ali
*Directrice du laboratoire PPABIONUT
Physiologie, physiopathologie et biochimie de la nutrition
Faculté SNVTU, Université Abou Bakr Belkaïd Tlemcen, Algérie


Par : Ourida ait ali






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