14/02/2013 : REGGANE...une cicatrice indélébile. Par Dr Tahar NAÏLI sur le midi-libre du 14/02/2013.
Il y a de cela 53 ans, c’est à dire le 13.02.1960, l’Algérie a vécu
le plus grand drame de son histoire coloniale, dans le sud du pays. Ce
jour là à 60km de la ville de Reggane, au lieu dit Hamoudia, à 07H00
du matin a eu lieu la premier essai nucléaire français qui allait
hisser la France coloniale au rang de puissance nucléaire aux
côtés des Etats Unis, de l’URSS et de la Grande Bretagne.
Ce fut le plus grand et le plus dangereux essai nucléaire,
l’équivalent de trois bombes d’Hiroshima. Un demi-siècle plus tard,
les esprits restent marqués par la gravité de l’événement.
Cet essai, malgré son impact négatif, fut suivi de 3 autres surnommés
« Gerboise », testés à ciel ouvert à Reggane et 13 autres essais
souterrains à Aïn Ekker (Tamanrasset).
Le drame dans tout ça c'est que ces opérations sont restées longtemps
secrètes et encore moins leurs conséquences désastreuses sur les
populations locales. Néanmoins certains responsables en place à
l'époque reconnaissent qu'il y eu des incidents et des accidents
entrainant la production de fortes doses de radiations en Algérie.
Officiellement il fallait attendre l’année 2004, pour que le Parquet
de Paris se décide enfin à ouvrir une information judiciaire, sur les
conséquences sanitaires possibles des essais nucléaires français dans
le Sud Algérien et en Polynésie, entre 1960 et 1966. Cette décision a
vu la promulgation de la loi en janvier 2010. Les dossiers des
victimes ont été transmis à la commission d’indemnisation des
victimes dont le siège se trouve en France.
Les conséquences de ces essais sur l’homme, et la nature dans toute sa
diversité sont très graves de part les dégâts quelles occasionnent.
Ces dégâts continuent à se faire ressentir jusqu’à ce jour, avec
notamment plusieurs pathologies liées à l'irradiation. Notre ADN est
la molécule biologique qui subit le plus les effets des radiations.
Elle accumule des mutations, qui seront à l'origine du développement
de différents cancers. Un taux élevé de la population de Reggane
souffre de cancers plus particulièrement de cancer du sang
(leucémie), de la thyroïde, de la peau et des multiples autres
tumeurs. Il y a aussi la baisse de la fertilité, et les malformations
congénitales. Ce qui est enfin quasiment admis par tous les
scientifiques, c’est que toute dose de rayonnement comporte donc un
risque cancérigène et génétique. Les effets de ces irradiations
continueront malheureusement de se manifester souvent de nombreuses
années après leur déclenchement.
La radioactivité a aussi des conséquences sur les éléments naturels et
les conditions atmosphériques, à savoir la contamination des eaux, de
l'air, de la faune et de la flore.
Alors, quelle est la place de la médecine moderne pour pallier à ces
conséquences engendrées par l’hypocrisie et la bêtise humaine.
Le système immunitaire est durement mis à l’épreuve après exposition
aux radiations, ainsi un certain nombre de mesures préventives
peuvent être prises afin d’empêcher la destruction et la
transformation des cellules irradiées ainsi que l’apparition
d’infections opportunistes. Un des concepts fondamentaux en
nutrithérapie consiste à maintenir dans notre organisme un niveau
élevé de nutriments antioxydants et d'enzymes afin d’annihiler les
radicaux libres créés lors de l'exposition aux radiations.
Dans une déclaration publié en Mars 29, 2011 sur la revue
«radioactivité et sante", le Pr Japonais Atsuo Yanagisawa, Président
du "Japanese College of Intravenous Therapy" avait déclaré qu’il est
fortement recommandé que «Les personnes vivant dans les zones
touchées, devraient régulièrement prendre des suppléments
d'antioxydants tels que la vitamine C pour lutter contre la
conséquences négatives à long terme du rayonnement à la suite de
l’exposition radio active et permet aussi de protéger la santé des
générations futures.
Des études récentes, ont permit d’étudier l'expression des gènes
liés au cancer chez 16 des hommes qui avaient travaillé au sein d'un
environnement radio actif très sévère au niveau de la centrale
nucléaire de Fukushima après l’accident occasionné par le tsunami de
2011 au Japon. Il a été ainsi confirmé une nette amélioration du score
de risque de cancer, ceci grâce à la seule supplémentation en
vitamine C et autres anti-oxydants tels que la vitamine E, le
bêta-carotène (vitamine A) et le sélénium et pour lesquels de
nombreuses recherches ont été effectuées .
Cet essai thérapeutique a permis donc de prouver que grâce à la seule
supplémentation nutritionnelle, l’ADN libre est retourné à un
niveau normal et le score de risque de cancer avait diminué de façon
significative.
A la lumière de ces découvertes, on est en droit de se poser la
question sur le pourquoi de la non utilisation de ces procédés dûment
prouvés et accessibles afin de limiter les dégâts sur la santé des
populations à risque dans les régions contaminés du Sud .On est en
droit aussi d’espérer qu’avec la vulgarisation de l’information et le
progrès en matière de recherche médicale, qu’on puisse un jour faire
bénéficier les personnes contaminés de l’expérience des chercheurs et
préserver l’avenir de plusieurs générations.

Dr NAILI Tahar

Vice President SANMO « Société Algérienne de Nutrition et de Médecine
Orthomoléculaire »





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