27/05/2012 : PÔLE DE BIOTECHNOLOGIE EN ALGÉRIE - EL-WATAN - 27/05/2012 -
Cinq piliers stratégiques conditionnant l’action des Américains.

Prévue pour avril dernier, l’étude, baptisée «Feuille de route en prévision de la réalisation d’un pôle technologique en Algérie», a été présentée hier par l’association Ph Rama, regroupant les laboratoires américains, en présence du ministre de la Santé, Djamel Ould Abbès. Un rendez-vous retardé suite aux difficultés rencontrées dans la collecte des informations par le cabinet Deloitte, une société britannique spécialisée dans  l’audit, la fiscalité et services, les conseils financiers à des clients publics et privés couvrant de multiples secteurs, auprès des organismes officiels nationaux, les producteurs de médicaments, les distributeurs, etc. Selon l’étude, dont El Watan détient une copie, 59% du total des interviewés ont répondu avec succès. Par contre, les Algériens, représentant des entreprises pharmaceutiques américaines, ont répondu à 100% contre 80% pour les  étrangers. 

La feuille de route, qui établit un état des lieux où beaucoup d’insuffisances sont relevées, revient sur les obstacles rencontrés en termes de formation médicale, la collaboration entre l’enseignement et l’industrie pharmaceutique, les conditions défavorables pour les entreprises en Algérie, la réglementation en vigueur, etc. Pour mieux comprendre les facteurs-clés du succès et les zones d’amélioration nécessaires pour l’Algérie pour réussir en tant que pôle biopharmaceutique innovante d’ici 2020, trois pôles mondiaux ont été sélectionnés et présentés : Singapour en tant que jeune pôle en croissance, l’Irlande en tant que pôle de développement, et Boston, le plus ancien dans le monde.

Compte tenu de l’ambition de l’Algérie à devenir le pôle biopharmaceutique innovant de la région MENA en 2020, sur la base des résultats de l’enquête et de l’étude de référence, cinq piliers stratégiques ainsi que les initiatives correspondantes ont été identifiés, selon Deloitte. Il s’agit donc du renforcement des ressources humaines en attirant des experts et des compétences de l’industrie pharmaceutique, de la révision et l’amélioration des cadres réglementaires, de la transparence dans la fixation des prix, du respect des droits de propriété intellectuelle en s’alignant sur les meilleures pratiques internationales, de l’amélioration de l’environnement économique pour l’investissement durable, de favoriser une culture de la recherche scientifique théorique et appliquée et de fournir à l’industrie les outils nécessaires et les plateformes qui permettent la convergence de l’industrie visant à parvenir à une industrie fondée sur la connaissance.

Le rapport Deloitte préconise des actions à court terme pour assurer une mise en œuvre effective de ses objectifs stratégiques ; il recommande, entre autres, au  gouvernement algérien de cultiver le financement gouvernemental par un TCAC de 4%, d’augmenter l’allocation, de créer un bras d’investissement dans le cadre du capital ANDI, de fournir un financement concurrentiel soutenant la recherche scientifique dans les instituts publics, les hôpitaux et les universités ainsi que la  recherche clinique, de dégager des fonds pour soutenir l’activité de fabrication de médicaments, de développer des mécanismes de financement pour soutenir l’activité de commercialisation des médicaments, de développer des forums de discussion impliquant tous les intervenants de l’industrie, de créer une association sectorielle qui représente l’industrie biopharmaceutique innovante en Algérie et de créer un cadre de subvention à la formation à travers la chaîne de valeur.
 

Djamila Kourta
 




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